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Session 2019

L'Arbre de Guernica

 

Le 18 janvier 2019, un rejeton de l'arbre de Guernica a été planté dans les jardins de la Fondation René Cassin. Ce cadeau offert par la Communauté Autonome Basque Espagnole a été planté en présence de 

  • Jean-Paul COSTA, Président de la Fondation René Cassin
  • Iñigo URKULLU, Président de la Communauté Autonome Basque Espagnole
  • Roland RIES, Maire de la Ville de Strasbourg
  • Christos GIAKOUMOPOULOS, Directeur Général des Droits de l'Homme représentant le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
  • Guido RAIMONDI, Président de la Cour européenne des droits de l'homme
  • Sébastien TOUZÉ, Directeur de la Fondation René Cassin

@Jean-François Badias pour la Ville et l'Eurometropole de Strasbourg

Discours de Jean-Paul COSTA

President de la Fondation René Cassin

Ancien Président de la CEDH

Monsieur le Chef du gouvernement, Président de la Communauté autonome Basque espagnole,

Monsieur le Président de la Cour européenne des droits de l’homme, 

 Monsieur le Maire de la Ville de Strasbourg, 

Monsieur le Directeur général des droits de l’homme, représentant le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, 

Excellences, 

Mesdames et Messieurs,

La cérémonie d’aujourd’hui est insolite et hautement symbolique. 

La générosité de la ville de Guernica, de la province de Biscaye et de la Communauté autonome basque espagnole rejoint celle de la ville de Strasbourg, qui nous avait fait donation de ce terrain, ce dont je suis très reconnaissant à son Maire, cher Roland Ries.

Et le produit de ces deux témoignages de bienveillance en faveur de notre Fondation René Cassin, mais, au-delà, en faveur des droits fondamentaux en général, est aujourd’hui visible . Se trouve maintenant ici sous vos yeux un rejeton, de plus de 3 mètres de haut, de l’Arbre de Guernica, ce chêne multiséculaire, emblème du pays basque espagnol depuis des siècles. Un arbre qui survécut par miracle au tragique bombardement d’avril 1937, un des moments les plus horribles de la guerre d’Espagne. Le célèbre tableau de Pablo Picasso, d’abord exposé au pavillon de la République espagnole de l’Exposition de Paris en 1937, puis à New- York et à présent à Madrid, au Musée Reina Sofia, atteste de la violence du bombardement, qui a ravagé la petite ville et tué une grande partie de sa population. L’Arbre de Guernica est maintenant un symbole de paix, de volonté de paix comme l’indique la plaque posée à son pied. Il illustre le désir de René Cassin de voir la paix triompher sur la guerre et les droits de l’homme l’emporter sur les violences qui les menacent et les violent. Cette volonté de notre fondateur, qui a créé en 1969 l’Institut international des droits de l’homme après s’être vu décerner l’année précédente le Prix Nobel de la Paix, nous y sommes fidèles de toute notre conviction, non sans difficultés, tant l’époque actuelle voit ces menaces se multiplier. C’est pourquoi ce geste nous touche et nous encourage.

Nous ne sommes pas les premiers à recevoir ce superbe cadeau de l’Arbre. Il y quatre ans, un autre rejeton fut planté, en signe d’espoir, à Auschwitz, autre lieu d’une atroce barbarie.

Si l’ombre et le souvenir de René Cassin permettent à la Fondation qui a succédé à son Institut et qui porte son nom de voir planté l’Arbre de Guernica, ce dont je remercie chaleureusement nos hôtes et vous-même, Monsieur le President Inago Urkullu, c’est que Cassin était aussi Basque ! 

Il est né en 1887 à Bayonne, de l’autre côté de la frontière entre l’Espagne et la France. Il n’ a pas vécu très longtemps à Bayonne, mais sa famille maternelle y était installée depuis le début du XVII ème siècle. Le lien est donc fort, et nullement artificiel. C’est d’ailleurs pourquoi, depuis 2003, vous attribuez chaque année un Prix Cassin des droits de l’homme.

Ainsi le spécifique est rejoint par l’universel, puisque cet enfant basque, en tout cas à moitié basque, deviendra un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et un juge et président de la Cour européenne des droits de l’Homme. Je salue avec  gratitude son successeur actuel le Président Guido Raimondi, ici présent, mon ami. Et je voudrais saluer un autre ami, Manuel Lezertua, Défenseur du peuple du Pays Basque, qui est à l’initiative de tout cela. Quand je travaillais à la Cour et lui au Conseil de l’Europe, il m’a beaucoup aidé :  il continue.

Mesdames et messieurs, dans quelques minutes, encore symboliquement, nous jetterons des pelletées de terre sur le pied de l’Arbre de Guernica. 

Je vous promets, Monsieur le Président, que toute notre équipe en prendra grand soin.

Merci de votre attention.

Jean-Paul Costa