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Yvon JANVIER, Elève Avocat

 

Ce témoignage peut sans doute paraître un grain de sable sur la plage, du moins il se propose de vous exprimer ma reconnaissance pour l’excellent travail accompli en Haïti avec la réalisation de cette formation en Droit international des droits de l’homme, et de manière plus spécifique, en droits de l’Enfant. Si cela peut servir de plaidoyer pour motiver initiateurs et partenaires au projet à le pérenniser, j’aurai atteint mon but au-delà de mes espérances.

 

J’ai entrepris des études juridiques dans un souci de service et parce que j’ai estimé que c’est un ajout indispensable à mes compétences professionnelles. Etudes, interrompues à deux reprises pour des formations aux États-Unis en Sciences de l’éducation, mais que j’ai complétées malgré ma double fonction de maire et d’enseignant à l’époque.

 

Autant un poisson capturé dans un aquarium ressent la nécessité permanente du large, autant je ressentais ce vide, cette limite que m’imposait l’absence d’une formation approfondie en Droit international des Droits de l’homme.

 

Ce qui m’avait poussé à appliquer pour un Master proposé par UNICRI et l’Université de Turin. Mais en raison des aléas de la légalisation de mes pièces je n’avais pu aller jusqu’au bout.

 

Convaincu que le hasard n’existe pas, et toute mon énergie étant mobilisée vers la concrétisation de ce rêve, c’est donc naturellement, à mon sens, qu’est venue à moi l’opportunité de cette formation en droit international des droits de l’homme à laquelle j’ai participé, entre le 2 et le 12 décembre 2014, à l’École de la Magistrature (EMA), à Port-au-Prince, réalisée avec le concours de l’ambassade de France et de l’Institut International des Droits de l’Homme (IIDH).

 

Certes, plusieurs autres facteurs me motivaient. Chercheur, Avocat, Enseignant, Journaliste, acteur très impliqué dans la vie de ma communauté, je me soucie toujours de partager mes connaissances, estimant que cela constitue l’une des meilleures voies vers l’établissement d’un état de droit et le développement durable.

 

En fait, cette formation coordonnée à la perfection par Mme Muriel Sognigbe Sangbana, déléguée par l’IIDH, avec la variété et la richesse des thématiques traitées avec maestria par la majorité des intervenants, a dépassé mes attentes.

 

A mon sens, tout homme/femme de loi, de l’avocat au juge, tout travailleur social, tout homme/femme soucieux d’une société juste, respectueuse des droits humains, devrait recevoir, au moins une fois, une telle formation.

 

Aussi, souhaiterais-je, pour le bien de mes compatriotes, pour le bien de mon pays, que cette formation perdure. De cette manière, chaque année se multipliera en Haïti des défenseurs des droits humains, mieux imbus de leur sujet, qui auront, à défaut de bénéficier de la formation, participé soit à des conférences, soit à des séminaires tenus par certains des bénéficiaires.

 

Une façon pour vous dire que, personnellement, j’ai planifié de partager le bagage reçu à l’EMA grâce à l’IIDH, tant avec les étudiants de l’école de droit de Jérémie qu’avec d’autres acteurs de la vie sociopolitique de ma région, et à l’avenir au-delà. Pour ne pas reculer, j’ai déjà communiqué mon intention tant au rectorat de la faculté de droit qu’à des confrères avocats du Barreau. Je me mettrai à l’œuvre sous peu. Pour moi, pour les quatre-vingt-quatre autres bénéficiaires de la formation, pour la myriade de bénéficiaires qui suivront, je résume mes sentiments aux initiateurs et aux partenaires du projet par un MERCI. Je compte faire œuvre utile de ce bagage intellectuel que vous m’avez permis d’acquérir.