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Session 2019

Diego RODRIGUEZ-PINZON, Professeur of Law

 

Tout au long de ma vie professionnelle dédiée aux Droits de l’Homme,  j'ai toujours considéré que la colonne vertébrale qui soutient le mouvement contemporain des droits de l'homme est l'éducation délibérée et rigoureuse des nouvelles générations de militants, avocats, journalistes, juges et fonctionnaires, parmi tant d'autres. Depuis le milieu des années 90, alors que j'étais officier d'état-major à la Commission interaméricaine des droits de l'homme et au International Human Rights Law Group, j'ai été témoin de l'émergence d'une jeune génération de professionnels issus d'institutions académiques dotées d'une vision de plus en plus sophistiquée des droits de l'homme. L'activisme politique atteignait les corridors rigoureux du milieu universitaire et transformait certains des principes fondamentaux du droit et de la justice, tout en améliorant les outils de plaidoyer des organisations sociales.

Ce fut un plaisir et un privilège de collaborer avec la Fondation René Cassin dans le travail crucial de promotion des droits de l'homme et de création d'opportunités éducatives. Il y a eu de nombreuses occasions de contribuer à cet effort, mais je dois souligner ma participation aux sessions d'étude annuelles de l'Institut international des droits de l'homme en tant qu'instructeur dans les cours liés au système interaméricain des droits de l'homme. Lors de la 39e session d'étude, j'ai pu sensibiliser un public hispanophone aux défis actuels du système interaméricain des droits de l'homme, en m'appuyant sur mon travail académique à l'Académie des droits de l'homme et du droit humanitaire de l'American University Washington College of Law à Washington DC, où j'enseigne depuis la fin des années 90. Je me suis également inspiré de mon expérience en tant que juge ad hoc de la Cour interaméricaine des droits de l'homme pendant une demi-décennie. Plus tard, lors des 42e et 43e sessions d'étude, j'ai donné des conférences devant un public anglophone, ce qui m'a permis d'atteindre des participants de toutes les régions du monde. C'est ce qui fait  la beauté de l'éducation multilingue ! Nous partageons la conviction que ces stratégies simples peuvent briser les barrières culturelles et jeter des ponts entre des sociétés qui sont confrontées aux mêmes défis dans des régions éloignées du monde.

Voici un exemple de cette vision commune : mon institution, où je suis co-directeur du seul LLM en droit international des droits de l'homme et droit humanitaire aux États-Unis et  qui est offert entièrement en anglais ou en espagnol.

Aujourd'hui, en tant que membre du Comité des Nations Unies contre la torture, bon nombre de ces expériences me permettront de contribuer aux travaux collectifs de cet organe conventionnel. Dans l'ensemble, l'association naturelle de mon institution avec la Fondation René Cassin renforcera certainement la légitimité et l'impact du droit international des droits de l'homme dans le monde entier.